A tous les lecteurs



Bonnes vacances à tous, rendez-vous à la rentrée ! 
Vendredi 10 juillet 2009
 

-Que fais-tu là?

-Je monte au ciel ceux qui me voient.

-Mais le toit, le toit, le toit! ...Non?

-Je t'apprendrai.

Si tu m'attends je t'apprendrai à regarder au travers

Et si des ailes te poussent

Si des ailes

Hop!

 


Par goutte.de.mer - Publié dans : poésie
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Mercredi 8 juillet 2009
 L’enfant avait posé l’énorme sac si lourd qu’elle portait sur l’épaule.

L’enfant vit que son épaule était rouge et bleue, mâchée et qu’elle saignait doucement.

Elle dit : « Il faudrait un pansement »

Personne ne répondit.

Elle se fit un pansement, et un bisou, posé du bout des doigts, là où elle avait mal.

Elle se dit: il faudra du temps aussi.

 

L’enfant vit le gigantesque tas, gros comme une montagne qui était sorti du sac et qu’elle devait regarder en levant les yeux si haut.

Elle dit : « Il faudrait trier ce qui est tâché, ce qui est moisi, ce qui est pourri. »

Personne ne répondit.

Elle tria, elle jeta, elle se salit. Elle nettoya.

Il fallut du temps.

 

L’enfant vit ses objets, ses rêves, ses tristesses, ses peurs.

Elle dit : « Il faudrait séparer ce qui sert et grandit de ce qui ne sert plus et pèse. »

Personne ne répondit.

Elle fit des tas. Ce qui était laid, coupant, rouillé, elle le jeta. Ce qui était ancien et touchant, ce qui avait de belles couleurs pastel, ce qui faisait de la musique, ce qui sentait bon, ce qui était doux, elle le garda.

Il fallut du temps.

 

L’enfant vit que tout était trié et qu’il y avait beaucoup de belles choses dans ses petits tas.

Elle dit : « Maintenant, il faudrait tout ranger . »

Personne ne répondit.

Alors elle rangea soigneusement ce qui était joli avec de belles couleurs pastel, puis ce qui était doux, ce qui faisait de la musique, ce qui sentait bon.

Il fallut du temps.

 

L’enfant vit qu’elle avait bien travaillé.

Elle dit: « Je suis contente, j’ai bien travaillé

Personne ne répondit.

Alors elle regarda autour d’elle et vit qu’elle était toute seule.

Elle se dit: « Il faudrait que quelqu’un me réponde

Elle voyagea pour trouver quelqu’un qui lui réponde.

 

Elle vit des gens, partout, qui marchaient le dos courbé sous le poids de leur sac, et qui ne voyaient rien. Des gens assis sur leur sac, exténués de fatigue et qui ne sentaient rien. Des gens blessés à l’épaule par leur sac, qui passaient leur temps à se lamenter sur leur douleur et n’entendaient rien. Elle vit aussi des gens qui parlaient, parlaient, parlaient, étaient sûrs qu’ils n’avaient même pas de sac, regardaient les autres avec mépris et ne ressentaient rien.
Enfin, elle vit des gens qui travaillaient à trier leur sac et essayaient de ne garder que le doux, le joli, le bon.

Alors elle dit : « Bonjour! »

Ceux-ci relevèrent la tête et lui dirent : « Bonjour à toi aussi! ». Puis ils se sourirent.

Alors elle sut qu’elle avait trouvé une famille et que, maintenant, elle avait tout son temps.

 

Par goutte.de.mer - Publié dans : conte
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Lundi 6 juillet 2009



A travers une foule assourdissante et affairée

J'ai parcouru un long chemin

Levé les yeux...

Il est assis sur la charpente

L'homme au toit bleu

Oeil espiègle et  bouche heureuse

Il fredonne au-dessus des murs

A-t-il besoin de l'horizon

Pour planter plus loin dans l'azur

Les racines de sa maison?

Il est assis sur sa charpente

Les vents de la mer qu'il fréquente

M'ont appelée vers sa chanson.



Par goutte.de.mer - Publié dans : poésie
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Samedi 4 juillet 2009

Toutes les fenêtres sont ouvertes.

Ouvertes sur l'horizon prometteur, sur le soleil complice qui éclaire la façade, donne vie aux corbeilles suspendues qui ruissellent de glycine.

Un échange, un accord profond. La lumière auréole cette demeure, pénètre au coeur de la maison qui l'accueille et lui chante comme une mélopée douce les rires des enfants qui y ont joué. Qui y joueront, peut-être?

L'entrée est évidente; un perron calme, fort de toutes ces colonnes qui soutiennent l'édifice et balisent un chemin dont il n'est pas besoin de le connaître pour le reconnaître. La porte du seuil pourtant est discrète, entourée de feuillages frémissants et printaniers.

Quand on entre, le parfum des fleurs et la brise comme une haleine tiède se mêlent un moment à la fraîcheur des vastes pièces. Couleurs tamisées par des voilages légers. Puis c'est l'odeur douce et rassurante de la cire sur les parquets qui domine, à son tour remplacée par des effluves gourmandes de pain et de fraises fraîches. A croquer du bout des lèvres, à faire fondre sur la langue.


Enfin, on monte, on monte vers le rayonnement des chambres radieuses. Dehors, sous la corniche, des hirondelles s'appellent et se rejoignent. On monte encore vers la plénitude du grenier. En haut, sous les chantignoles et les jambettes de bois, c'est un lieu précieux et secret où le confidences heureuses se chuchotent, où les éclats des alcôves cachées rebondissent dans la cheminée pour éclabousser les toits de tous ces bonheurs trop forts pour être dits.


Par goutte.de.mer - Publié dans : fragments
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Jeudi 2 juillet 2009

          Une mer d'huile, qui se dore et s'argente à la lumière...
         Lorsque Jeanne, assise au bout de la jetée, regarde la mer, elle voit les algues glauques qui se répandent glaciales s'accrochent pèsent les parkas grelottantes mollement leurs manches jaunes ventouses agrippées à l'eau les barques épuisées renoncent s'enfoncent sombres les profondeurs abyssales et pétrifiantes aux dents acérées avides les chairs morcelées pourriture de remonter à la surface gorgent des multitudes de bouches des cordes sans fin nouées aux mains qu'elle aimait.

L' alliance qui flotte. 

     Lorsque Jeanne regarde la mer, la surface des eaux se ride et sanglote comme une vieille peau de vieille.

Par goutte.de.mer - Publié dans : poésie en prose
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