Les mots de Gil

Les mots de Gil sont accessibles sur les "pages".

fragments

Lundi 19 octobre 2009
 

Le sol. Quatre murs. Le ciel, loin. La porte grise. C'est mon quotidien.Nous sommes trois, là. La Brute, la Truande. Et moi, moi, la Rebelle. Moi qui ai trop parlé. Ils ont volé ma voix. Langue coupée, silence tenu.

La Brute en profite, quotidiennement. Elle balade ses mains de grosse. Par inadvertance, bien sûr, rigole-t-elle. Mon silence noircit sous son rire. Qu'elle approche, approche donc, plus près. La peau grasse, épaisse, intrusive m'écoeure. Les doigts saucisses s'agitent de concupiscence. Son bras me force, fige, assujettit.

Elle murmure : « Ma beauté, tu m'aimes? »

Elle rit et me lèche l'oreille. Mon silence se heurte aux quatre murs.


J'attendrai, j'attends. Je sens bien qu'elle n'en peut plus.

Puisque mon corps l'occupe, c'est le moment. Ma main tâte le matelas, interroge ses bosses. Je trouve enfin mon but, un minuscule paquet. Attention : le sortir, déballer, se tenir prête, ne pas vomir. Et la lame a jailli, la Brute râle, se tord. Ma lame fait le tour de ses entrailles.

La Truande compte les points : « Tu as gagné! Ben ma fille, j'ai bien fait de parier sur toi. Toute la prison a misé, demain, pactole pour moi! »

Et elle rit, elle rit, elle rit...

Par goutte.de.mer
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Samedi 19 septembre 2009
 

Sous son panama blanc-gris, Alvaro somnolait dans son hamac. L’avion apparut, un point noir sur l’azur : Tony arrivait à Avilan. Il traîna un sac lourd jusqu’aux godillots d’Alvaro, lâcha un gros crachat brun qui glissa du mur au sol dans un bruit gras, puis il aplatit du talon un cafard nonchalant qui passait par-là.

-Salut, mon cossard ! lança-t-il.

-Oh, ça va ! Alvaro donna un coup au sac bouffi. T’as quoi là ?

-T’as pas vu Chacal ? biaisa Tony

Il savait Alvaro bavard. Trop. Naïf aussi. Si Chacal cuisinait son ami, il dirait tout…plutôt malsain ! Lui, il aimait son cuir sans trou, or Chacal avait un colt vif, plutôt tatillon.

-Pas Chacal, non, mais y’a un boa, là, dans ton dos. fit Alvaro.

Tony sursauta. Son ami rigolait, montrant six chicots jaunis par un tabac plutôt costaud. Il disait vrai : un boa glissait, non loin, sur un sol chaud ; il contourna trois cactus maigrichons puis disparut. L’azur matinal arrosait la pampa d’or clair, brûlant…


L’or. Tony voulait l’or. Il y avait dix ans, Radio potin avait fait courir l’information jusqu’à Alvaro qui lui avait dit qu’on trouvait l’or au fond du rio Paraguay. Il y avait dix ans, la vision l’avait mordu là-bas, dans son Canada natal : un pays trop chaud ou trop froid, trop plat, trop haut…il avait soudain vu vingt raisons pour partir du Canada. Sitôt dit, sitôt fait ! Dix ans qu’il habitait au Paraguay. Dix ans qu’il fantasmait sur l’or safran, l’or sonnant qui disparaîtrait aux mains d’Aranpxa, la putain d’Avilan au corps doux, noir, odorant qui lui donnait son plaisir, …l’or lingot qui alourdirait son sac, lui assurant un sort mirobolant !

Dix ans, ça datait ! Mais aujourd’hui, il arrivait d’Asunción. Dans son sac : habits, mini-radio, trois tamis…puis un colis, à part, qui allait lui ouvrir la via dorada.


Eh, vous aviez remarqué qu'il n'y a pas un seul "e" dans ce texte? J'ai travaillé longtemps pour arriver à ce résultat, alors si quelqu'un veut s'y coller pour faire la suite, je lui en serai éternellement (au moins!) reconnaissante...

Par goutte.de.mer
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Dimanche 13 septembre 2009

... (1ère partie publiée avant-hier)

M e laisser consoler : maman dit que de toutes façons, ce n'est pas très bon mais que ce n'est pas fait pour être bon.

N e pas courir. Ne pas crier. Ne pas remuer. Ne pas tirer la langueà Stéphane, dans la rangée de gauche. Ne pas faire coucou à Nathalie, à droite. Ne pas montrer que l'on s'ennuie.

O uvrir son coeur à Dieu. C'est ce que dit le monsieur en blanc. Je me méfie. Ca risque de faire mal, et même de saigner. Tant pis, je le ferai pas.

P référer ouvrir le porte monnaie de maman et mettre dans la corbeille toutes les pièces jaunes.

Q uémander une pièce pour soi et s'entendre dire que non, les pièces sont pour le monsieur en blanc. Maman m'explique que c'est son argent de poche.

R ester béat devant le mystère divin : les tâches colorées qui glissent très lentement sur le sol quand il y a du soleil de hors.

S anctifier l'offrande. Je savais bien que ça allait saigner, j'ai bien fait de me méfier. Le monsieur en blanc boit du sang devant tout le monde.

T erroriser ma petite soeur en lui disant que le monsieur est sûrement un  vampire. Il faudrait voir s'il a de grandes dents.Elle est morte de  trouille.

U tiliser les petits bassins de pierre, à la sortie, pour me laver les mains. Dans la cuisine, c'est un évier, dans la salle d'eau, c'est un lavabo, ici, c'est un bénitier. J'enrichis mon vocabulaire.

V oir maman parler gentiment à la dame habillée en rose, dehors, celle qu'elle déteste parce qu'elle dit que c'est une bigote hypocrite. Mon vocabulaire n'est pas assez riche pour savoir ce que veulent dire « bigote » et « hypocrite ». Maman n'a pas voulu m'expliquer.

W ater closed : foncer dedans dès la sortie. Ca fait au moins 15 minutes que j' ai envie. Une fois ma soeur n'a pas pu attendre, il y a eu une grande flaque sous sa chaise. On est sortis discrètement par la porte de droite, pas par la grande porte.

X C'est une croix qui a basculé sur le côté. Ca doit pas être confortable pour l'autre qui est cloué là-haut. Mais rigolo.

Y oupi, c'est fini. 6 jours de tranquillitéavant de recommencer.

Z ieuter dans le four. On a droit au rôti et aux pommes dauphines. C'est dimanche, jour de fête!

 

Par goutte.de.mer
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Vendredi 11 septembre 2009
 

A llumer des cierges, les regarder brûler

B albutier des paroles, pour faire comme tout le monde

C omprendre, tout à coup, au milieude la phrase, que la phrase a un sens qui nous échappe pourtant.

D emander à maman le sens de la phrase, parce que les adultes savent tout.

E tre rabroué parce qu'on n'a pas le droit de dire ce qu'on veut, ici. Et surtout pas qu'on comprend rien.

F ermer sa goule, illico.

G ueuler la chanson que chante avec entrain le monsieur en robe blanche qui agite la main. En mesure.

H ausser le cou discrètement pour voir si en plus de la robe blanche, il porte des chaussures de fille.

I nciter mon frère à me donner la réponse : il est plus grand, il verra peut-être mieux que moi.

J eter des coups d'oeil à gauche et à droite pour repérer d'éventuels copains.

K ilométrer le bâtiment : entre la rangée du fond et l'ostie que donne la robe blanche, il y a 35 pas.

L aisser l'ostie dans la main du monsieur : c'est que pour maman. Ici, les petits n'ont pas droit de goûter, c'est pas juste.

Par goutte.de.mer
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Lundi 7 septembre 2009

La première fois, je suis allée au boulot en voiture. Sac. Fringues. Prête. Départ. Vroum . Arrivée. Boulot.


La deuxième fois, panne de voiture. Oh, oh, chouette! La mobylette! Une de ces grosses mobylettes bleues, pesantes, dodues et rassurantes. Elle me fait filer cheveux aux vents. Non, d’accord, j’avais mis le casque, mais l’image y était. Je sens ma tignasse s’ébouriffer de plaisir sous le casque, et s’épanouir dans le vent de la liberté. Elle pue cette mob, je ne sais pas comment la conduire, je donne des coups d’accélérateur qui friment, genre « je change de vitesse sur ma grosse moto ». Quand je la gare sur le parking, qu’elle pétarade, que toutes les têtes se tournent vers nous deux, je me sens aussi cool que Fonzy.


La troisième fois : pas de pot, me dis-je. La mobylette était en panne.

Devant moi, quatre kilomètres au moins à parcourir et même pas un vélo à disposition. Régression imposée vers une méthode antique et escargotière : la marche à pieds. Un matin de juillet. Je tourne à droite, vers le chemin cahoteux, celui que les moteurs auraient peur d’emprunter.

Mes pieds et mes genoux apprivoisent le cahot des ornières. Ou peut-être est-ce l’inverse, le chaos qui m’apprivoise. Je marche et sens la chaleur monter dans mes jambes, je marche, c’est moi qui marche et il suffit de jeter un coup d’œil derrière pour constater une étonnante évidence: j’avance.


Et soudain la vie qui s’ouvre. Partout. Une colonne de fourmis actives, affairées, consciencieuses. De longues tiges qui se balancent dans un rythme de fleuve paisible et viennent caresser ma paume ouverte. Des éclats sourds de mystère dans la pénombre des troncs, qui ont tellement raison d’être. Des arbres interrogeant le ciel qui leur répond tout bas des secrets que mon ventre capte sans avoir besoin de les traduire. La vigne abandonnée qui s’exerce à la conquête de ces tours de Babel vertes et frémissantes d’ailes et de trilles. Elle tend ses mains multiples vers un soleil prodigue et patient. Là-bas, une clairière ouverte qui me guide vers une paix de cathédrale. Un don constant, gratuit, incommensurable. Et, en moi, la gratitude ébahie d’être si petite, si dérisoire et de pouvoir trouver ma place. Là.

 

 

Par goutte.de.mer
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Samedi 5 septembre 2009
-Cachez, cachez ce sein que je ne saurais voir !

La célèbre phrase du Tartuffe ne peut être qu’une erreur, que – eu égard au génie montré par ailleurs par Molière- nous pardonnerons.

Le sein, par définition, est caché. A peine pourrait-on deviner en un instant de grâce une douce rotondité sous un tissu de lin, de coton ou de bure. Et de pudeur, chacun détournera les yeux. Le sein est pur et blanc ; on tolérera éventuellement un ou deux grains de beauté qui rehausseront sa divine blancheur. Le sein est virginal et ne convient qu’à l’innocente que n’a touché aucun regard concupiscent et qui se laissera dévorer, sans dire un mot, les yeux bleus levés vers le Ciel, par les lions affamés ; lesquels s’esbaudiront devant tant de dévotion…avant de finir leur bouchée.


La poitrine, par contre, est charnue, charnelle et charmante. Elle appelle les doigts, la bouche, la langue et les dents de chacun qui selon son goût, son âge et l’aboutissement souhaité sera amené à lécher, téter, sucer, mordre ou mordiller, goûter, embrasser les mamelons : le bébé tètera, l’époux embrassera, et le goulu dévorera la poitrine de sa cochonne préférée, fumée, salée ou nature selon son choix. Une poitrine se doit d’être opulente. Pas moins d’un 95D. Débordante même, si possible.
Attention aux contrefaçons hypocritement mises en place à l’aide des wonderbras ou de mouchoirs roulés et fourrés dans un soutien-gorge non mérité ! Pour ne pas vous faire avoir, n’hésitez pas à tâter la marchandise. La propriétaire d’une véritable poitrine généreuse a le cœur également généreux et ne s’offusquera pas pour des gestes si naturels. Deuxième recommandation : prenez garde cependant au compagnon de la dame, parfois moins généreux que sa partenaire et montrant avec égoïsme une possessivité de for mauvais aloi.

Mais les poitrines masculines me direz-vous ?

Ca s’appelle un torse, c’est plat, poilu, dur et ça ne se mange pas.
Par goutte.de.mer
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Samedi 4 juillet 2009

Toutes les fenêtres sont ouvertes.

Ouvertes sur l'horizon prometteur, sur le soleil complice qui éclaire la façade, donne vie aux corbeilles suspendues qui ruissellent de glycine.

Un échange, un accord profond. La lumière auréole cette demeure, pénètre au coeur de la maison qui l'accueille et lui chante comme une mélopée douce les rires des enfants qui y ont joué. Qui y joueront, peut-être?

L'entrée est évidente; un perron calme, fort de toutes ces colonnes qui soutiennent l'édifice et balisent un chemin dont il n'est pas besoin de le connaître pour le reconnaître. La porte du seuil pourtant est discrète, entourée de feuillages frémissants et printaniers.

Quand on entre, le parfum des fleurs et la brise comme une haleine tiède se mêlent un moment à la fraîcheur des vastes pièces. Couleurs tamisées par des voilages légers. Puis c'est l'odeur douce et rassurante de la cire sur les parquets qui domine, à son tour remplacée par des effluves gourmandes de pain et de fraises fraîches. A croquer du bout des lèvres, à faire fondre sur la langue.


Enfin, on monte, on monte vers le rayonnement des chambres radieuses. Dehors, sous la corniche, des hirondelles s'appellent et se rejoignent. On monte encore vers la plénitude du grenier. En haut, sous les chantignoles et les jambettes de bois, c'est un lieu précieux et secret où le confidences heureuses se chuchotent, où les éclats des alcôves cachées rebondissent dans la cheminée pour éclabousser les toits de tous ces bonheurs trop forts pour être dits.


Par goutte.de.mer
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Mardi 30 juin 2009
-Llueve, Juliana. (Il pleut, Juliana)

Vraiment ? Je n’entends rien. Si, quelques gouttes peut-être, sur les toits.

-LLueve una lluvia rosa(Il pleut une pluie rose)

Que viennent faire ces mots d’espagnol dans mon demi-sommeil ? Des mots de l’enfance. Des mots de ma mère…

 -LLueve. Y el sol nunca se preocupa
(Il pleut  et le soleil ne se préoccupe jamais...)


Les mots murmurent dans ma torpeur. De quoi le soleil ne se préoccupe-t-il pas ? De moi ? Je m’en doute. Pourquoi se préoccuperait-il de moi ? Un dieu indifférent et généreux. C’est à moi de m’incliner devant lui et de l’honorer. El sol nunca se preocupa de nada… surtout pas de la pluie. Je m’enroule dans mes draps et ma chaleur. Sous la couette cocon, je m’abandonne. Ma mère…C’était une belle femme. Elle avait de longs doigts roses qui effeuillaient les pages avec une délicatesse souveraine. « Feuilletaient ». Non, « effeuillaient », c’est beaucoup plus joli, plus évocateur. Une image de ma mère, au milieu des feuilles légères qui s’envolent. Ses calligraphies qu’un vent joueur éparpille, tandis que son rire souligne l’inconstance des choses.

 
-Llueve una lluvia rosa
Y una luz transparencia
Nace de tus movimientos suaves, Juliana…


(Il pleut une pluie rose.
 Et une lumière transparente
 Nait de tes mouvements gracieux, Juliana.)

Oui maman ? Le soleil noir de tes cheveux fut si rayonnant qu’il éclaire toujours ma vie d’adulte, et que je sais regarder la pluie avec sérénité.

 -Silencio, querida. Tendras que madrugar manana.
(Tais-toi, ma chérie. Tu dois te lever tôt demain)

Oui maman. Je me lèverai tôt. Et je regarderai la pluie rose couler ou le soleil, se levant sur Manhattan.



Par goutte.de.mer
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Vendredi 3 avril 2009

     

  • Comme promis, je publie ici une lettre de rupture  d'une lectrice-écrivain qui s'est prêté au jeu. Je  l'en remercie! Bonne lecture à tous
  • texte 1
  • Bonjour ma fille,
    Tu es venue dans la joie, je t'ai aimée.
    Tu as grandi dans la difficulté, je ne t'ai donné que ce que j'avais.
    Tu m'as appris la vie. Qui est la mère ?
    Au revoir, peut être,
    Tu restes libre des nouvelles que j'attends comme une mendiante,
    mais seulement dans le secret, celui-là n'appartient qu'aux mères.
    Reine-mère d'un royaume qui n'a existé que dans tes chimères,
    La bulle de savon t'a claqué en pleine figure, et c'est bien fait !

     
texte 2
Je revendique le choix de croire que Tu n'existes pas. Je revendique le droit d'espérer le néant. Adieu, Dieu de mon coeur libre de droit libre de choix. Que dis-je ? A Jamais pour toujours.J'aurai vécu dans la Grande Illusion comme une promesse envolée, sans traces.


texte 3 Lettre de rupture impossible :

J'aurais voulu te claquer la porte au nez Liberté, pour preuve de ton existence.
Il y a du vent derrière la porte.



auteur : Andrée Castagno



             Que de temps nous avons passé ensemble! A notre première rencontre, je n'ai pas deviné toute l'importance que tu prendrais dans mon existence. Je me souviens pourtant que je t'ai choisie, toi, entre toutes! Je te voulais tendre et douce, active et délicate, flexible comme un roseau d'étang. Tu m'as tout donné; j'ai toujours pu compter sur toi. Tu m'as accompagné partout, laissant le confort de la maison pour les petits hôtels minables où mon boulot m'obligeait à passer mes nuits. Vraiment, nous avons été inséparables, si liés, si intimes! Tu es supporté mes excès, mes beuveries, mes gueules de bois. Grâce à toi, même dans les situations les plus désagréables, j'ai pu garder le sourire.

             Aujourd'hui, notre histoire est finie. Nous sommes si vieux, nous deux, nous n'avons plus rien à faire ensemble! Toi, tu n'as presque plus de poils, ma petite brosse, moi.. j'ai bientôt quatre-vingt dix ans et ce matin est tombée ma dernière dent.

                                                                         Celui-ci est toujours de "Goutte-de-mer"

 




Par goutte.de.mer
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Mercredi 1 avril 2009


Père Noël.
 t'as rien compris. C'était clair pourtant, je t'avais écrit :  "une nintendo lite". Pas difficile quand même, ça se trouve dans n'importe quel Leclerc!
 La prochaine fois, je demanderai direct à mes parents. Peuvent pas être plus bêtes que toi.
signé : Mathis



Mon amour.
Tes nouveaux copains te plaisent? Ils sont très gentils avec toi? Tant mieux. Tu sais, le cyanure, cétait pas la peine, j'ai un cancer généralisé. Pour hériter, tu n'avais plus qu'à patienter trois mois. C'est dommage, n'est-ce pas?
Ta Louloute.


Chère Maman
Suis parti en Chine.

Oui, t'es une championne.

Mais moi, je supportais plus Julien Lepers.

Chère belle-maman
Je vous quitte, votre fils et vous. Lui, parce qu'il n'était jamais là. Vous, parce que vous étiez toujours là. Comme d'habitude, vous allez me dire que je ne suis jamais contente. Ben... si, bizarrement, maintenant, je le suis.


Adieu
T.T pas 1 Kdo
signé : Noël


Adieu 75 B
Le plastique a changé ma plastique, je te quitte mon petit soutif !
signé : Lolo

 

 

Ah les lettres d'adieu, lettres de ruptures à des gens des choses, tout ce qui a pu nous gâcher la vie... Si le coeur vous en dit, prenez la plume ! Je ferai paraître vos oeuvres sur ce blog...

Par goutte.de.mer
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