Les mots de Gil

Les mots de Gil sont accessibles sur les "pages".

poésie

Jeudi 12 novembre 2009
 

Le gros tas plastifié vert a beaucoup trop mangé.

Il vomit.

Et les gens se cachent les yeux et

                                                                     Font un détour

Parce qu'ils ont beaucoup trop mangé

Aussi.

 


Par goutte.de.mer
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Mardi 27 octobre 2009
 

Si proche…


Le silence de celles qui hurlent

Les murs de celles qui n’ont ni porte ni fenêtre

La résignation de celles qui n’ont pas le droit, seulement le devoir

L’humiliation de celles qui n’enfantent pas un mâle

La fatigue de celles dont les gestes harassants de labeur alourdissent les jours

…dont les pleurs de l’enfant lancinent les nuits


La vulnérabilité de celles que salissent les regards fauves

Le corps bâillonné de celles qui le vendent

La douleur de celles qu’on écartèle

Le corps mort de celles dont on a bien joui


La conviction de celles qu’on a convaincues à coups de coups

Le corps bleui de celles qui se protègent derrière un voile…

…de celles qu’un voile ne protège pas



La folie de celles qui n’ont pas d’autres fuites

L’absence de celle qui n’avait plus d’autre choix.


 

Par goutte.de.mer
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Vendredi 16 octobre 2009

Sur le sable des déserts

Il est le trou, il est la vague

Aucun homme ne peut le regarder dans les yeux

Mais la femme voilée parfois s'éclipse

Lorsque la lune arrondit les chemins

Ses pas évitent les pierres endormies

Elle va lui parler en secret


La femme voilée s'assoit et chante la mélopée

Qu'il attend.

Le chant danse dans les reins de la femme, monte jusqu'à sa gorge, franchit l'enceinte de ses dents blanches, glisse sur les dunes...

Le Ciel s'est arrêté pour l'écouter

La Terre s'est arrêtée pour l'écouter

Ainsi ils se sont unis en silence


Le chant de la femme a trouvé trous et vagues

Alors elle ôte son voile

Et le serpent paraît

Leur échange est fait de la rumeur du sable

Du soupir du vent

Du clapotis de l'eau


Au lever du jour, les chameaux blatèreront

Elle reprendra son labeur quotidien

Le thé glougloutera dans les verres

Les hommes auront des éclats durs de voix

Si bien que la femme ajustera le voile sur sa bouche

Elle baissera les paupières et ses paumes pétriront le pain

Avec compassion et patience


Parce qu'ils ignorent ce qu'elle sait

Elle leur pardonnera, toujours.


Merci à Florence Derelli qui a accepté de me prêter l'un de ses dessins pour illustrer mon texte. Cette jeune femme fait preuve de beaucoup de talent. N'hésitez pas à aller voir son blog sur..http://florencedellerie.over-blog.com

 

Par goutte.de.mer
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Mardi 1 septembre 2009
 

       La Bête sait ronger le bois tendre qui meurt. Elle jouit de sa souffrance et poursuit sa besogne. Et le bois s’évapore en tonnes de poussières pour flotter dans les airs ses dix mille étoiles. Rouges.



           Des ombres exquises sont portées sur le mur. Silhouettes fragiles, elles pensent, au gré des rues, que leur vie éphémère a valeur de cadeau pour la jeune fille obscure qui de son front brûlant fixe le plafond scène.

Au centre, le silence. Au centre, se devine le regard angoissé de la jeune fille obscure. Elle appelle de ses yeux le spectacle innocent de la rue, des autos mosaïquant son ciel. Refuge.

           La porte de la chambre doit taire sa frayeur.


          Les dix mille étoiles sont tombées sur le sol.. Les dix mille étoiles gisent et sanglotent à terre. Les dix mille étoiles forment une vaste flaque. Rouge.


         La porte de la chambre tremble ; elle fait de son mieux, mais elle ne peut pas empêcher la flaque d’être rouge, de se répandre, d’étendre sa plainte obscure jusqu’au lit de Leïla

          Et d’envahir la pièce

          D’atteindre le plafond

          De bousculer sur scène les ombres qui s’affolent

          Et s’enfuient

 


         Tu sais Leila ce qui se passe

         Tu sais ce qui meurt sous ton toit.

         Tu sais celle qui meurt à ta porte.

         Tu sais que c’est un coup de trop, un coup de plus, un coup banal, qui la tue.

         Tu sais aussi Leila, que tu ne peux plus vivre parce qu’elle ne survit pas.

         Que tu ne vivras plus parce que la Bête amère

         A toujours la main large

         A toujours la main dure

         A toujours la colère

         Que tu es sans remparts

         Contre un père

         Le tien

         ...

         Le tien


 

Par goutte.de.mer
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Samedi 29 août 2009

L'océan diluvien embrasse son ciel d’écumes

Pour jours d'hiver, embruns versés

Pour mains bleues ou blanches, son ressac.

Pour femme ramassée,

Inquiète,les ailes rauques.

Sauvage et investie,

Les algues salées.

Elle engrange. Voluptés.

Ce trésor bariolé de cueillettes.

Elle s'obstine, aime-moi, quand tout se tait

Le flux et le reflux des marées la tourmentent chaud

L'assaillent doux

Et l'amour dans son sillage.


 

Par goutte.de.mer
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Mardi 25 août 2009


Ne te réjouis pas

C'est vrai, mes yeux sont rouges,

Mais c'est que les embruns ont frappé mes paupières...


 

Ma mère cachait ses yeux gonflés

Mes petits frères avalaient lentement l'eau maigre de leur soupe.

Le vieux soc de mon père s'émoussait

Sur la multitude des pierres

 

Le dieu de ces landes désolées

T'a depuis longtemps oubliée,

Ma terre.



Les murmures de tes bruyères

Vibraient dans les harpes de nos pères

Insufflaient l'espoir sous nos peaux

Elargissaient les coeurs

Jusqu'à nos manches retroussées

Comme tu nous trompais! Oui, tu mentais

L'alcool servait à te faire taire

Ma terre.



La sueur des hommes au travail

N'a fait germer que le trèfle.

Nos os claquaient dans le vent froid.

Tu n'as réchauffé que nos morts

Tu n'as engraissé que les vers

Ma terre


Maintenant je te sais tapie

Sous les brumes de l'horizon

Entre le ciel et la mer

Je n'ignore pas que tu me guettes

Ma terre


Mais les vents du Nouveau Monde

Gonflent ma chemise

Comme une voile qui me pousse

Vers les grandes plaines.


Cesse de me narguer : si mes yeux rougissent

C'est le soleil qui se lève

A l'ouest

Sur de nouvelles terres.




 

Par goutte.de.mer
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Samedi 22 août 2009
Il fallait -c'est obligé- il fallait les arrêter.
Quel scandale! Ils couraient entre les voitures stationnées.
Quel vacarme! Ils fredonnaient, tôt et tard, les chants que le vent leur soufflait
Quel culot! Ils tapaient l'épaule des passants d'un geste familier
En les appelant "vieille branche"
ça ne pouvait plus durer, non, plus durer
Le maire a dit, il faut
Immédiatement
Les bailloner,
Les ligoter
Les enfermer
Les camisoler de force
Définitivement!

Sur la place du village
Bien en ordre les voitures sont garées
Sagement, les arbres restent immobiles et muets
Mais sur nos pare-brise, ils laissent tomber,
Comme des messages
Vides de mots,
Leurs feuilles
Mortes.

Par goutte.de.mer
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Mercredi 19 août 2009

 

Noir absolu. Silence.


Lent vertige. Elle sent. Le globe se fissure.

L’univers en suspens a tendu ses échos

Pour la regarder naître.


Les abîmes s’entrouvrent

La terre s’est fendue. L’obscurité est morte.


La femme lentement sort du ventre du monde.

Elle se dresse, lève la tête et les yeux.

Le souffle du vivant s’enfle dans sa poitrine

Et le cri silencieux affranchit l’horizon,

Appelle le Soleil.


Immobile et serein, de toute éternité,

Il entend sa demande.

Il l'écoute, la sait, l'entoure, l'investit

le feu tambour bat coeur fleuve roi recommence


Dans un sanglot de joie violente,

Elle est

Par goutte.de.mer
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Dimanche 16 août 2009

Un bouquet de fleurs fausses
 -Oh, les menteuses!-
          Tente l'araignée
 -Oh, l'intrépide!
Qui niche au chaud et les accapare...


Mon doigt tout puissant


-Oh, le salaud!-
Arrache, avec délicatesse,

La toile emmoucheronnée

Par goutte.de.mer
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Jeudi 13 août 2009
remanié 

.
 

 

Je chanterai les jours, les années d'innocence

Je chanterai la joie des plaisirs retrouvés

La confiance et l'amour,

Je chanterai la paix

 

J'irai partout portant l'invincible nouvelle:

Le soleil s'est levé  

 

Je verrai s'allumer

Dans les miroirs obscurs, l'étincelle qui croit

Au fond des yeux maudits, la tentation du bien

Au creux des amertumes, un apaisement lent

 

Alors j'irai m'asseoir sur le bord d'un chemin

J'appuierai mon dos las contre un arbre vivant

Je sentirai le vent, sa douceur sur ma peau

Son souffle qui tiédit

Refermant mes paupières

Et ayant accompli

Ce pourquoi je suis né

Je m'endormirai nu

 La terre sera mon lit

Je deviendrai poussière.

Par goutte.de.mer
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