Fin de septembre...



Bientôt,un texte inédit... en  attendant, tous les deux jours, profitez des "dicton du jour", totalement indispensables !

Si vous voulez des textes plus noirs,
voyez les "petites vengeances douces"
...déconseillées aux âmes sensibles !


Nous sommes au coeur de l'été indien, une belle période, profitons-en ...

Mercredi 4 novembre 2009
          Des enfants, oui, elle aurait bien aimé en avoir, mais pas de chéri, pas d'enfants. Pas de chéri, pas d'enfants, donc elle n'était jamais invitée chez ses collègues. Toutes mariées -elles!-, toutes heureuses -elles!- et toutes craignant de se voir piquer leur mari par une célibataire libre comme l'air donc instable donc dévoreuse d'hommes en pleine quarantainite aigue.

             D'ailleurs même si Dolorès avait été invitée aux petites soirées grillades qu'on lui cachait, qu'aurait-elle pu leur dire? Celles-là ne parlaient que rénovation de la maison, péripéties de l'accouchement et de la rééducation périnéale, allergies du petit dernier et marques de couches-culottes. Ou de lingettes. Fabuleux.



       Au fond du gouffre, elle alla voir un médecin discret, pas cher, conseillé par la cousine de sa voisine de palier. Quel choix avait-elle de toutes façons? C'était ça, ou le suicide. Et telle qu'elle se connaissait, elle était capable de rater même sa mort.

Le docteur xxx fut efficace : sa vie se transforma radicalement. Elle rencontra Alexandre, un bel homme aux yeux bleus. Intelligent, plein d'humour et paraplégique. Ce petit défaut de fonctionnement ne la dérangeait pas plus qu'il ne semblait dérangé par son handicap à elle. Et puis, plus de secrétariat, plus de ménage, plus d'aspirateur, plus de vaisselle ou d'aspirateur. Elle avait droit à une aide spéciale, à domicile. Elle se mit à la peinture. Elle vidait avec jubilation ses petits tubes de couleurs, barbouillait avec la pastel sèche des supports de six à dix mètres carrés

 

.Elle se fit vite une réputation dans le milieu : on l'admirait et elle commençait à être côtée. Les tableaux de « Lola Carmen » se vendaient comme des petits pains. Elle eut trois enfants, beaux, gentils et qui travaillaient bien à l'école. Jamais elle ne leur fit remarquer qu'ils avaient parfois les mains moites. Quand elle y pensait, elle haussait les épaules avant de peindre un nouveau tableau.

Evidemment, elle avait parfois du mal à se moucher quand elle était enrhumée. Sans les mains, c'est beaucoup plus difficile. Les moignons même façonnés par le chirurgien, se montraient peu pratiques, et ses pieds, si agiles pour l'expression artistique, avaient peine à atteindre son nez. Mais elle était fataliste.

Aucun bonheur n'est parfait, n'est-ce pas?

 


 

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Mardi 3 novembre 2009


L'ombre est de la lumière qui s'ignore. 
Par goutte.de.mer - Publié dans : dicton du jour
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Lundi 2 novembre 2009

          Dolores Carmen Gomez avait les mains moites. Un drame.

          Mettre des gants, était-ce la solution? Ridicules en été, et même en hiver, au travail...Du talc? Alors il aurait fallu en transporter toujours sur soi. Des lingettes? Cela laissait les mains un peu collantes avec une odeur de fesses de bébé. Très sexy, vraiment.

          Des mitaines? Bof.. c'est joli, d'accord, mais totalement passé de mode. D'aileurs les siennes avaient appartenu à sa grand-mère, qui, comme de bien entendu, avait les fines fines, longues, délicates, avec une peau douce. Pas comme elle.     


          Sa mère le lui disait toujours : mais de qui cette enfant tient-elle ces pattes affreuses! C'est effarant, vraiment, effarant! Les mitaines, elle ne parviendrait même pas à les mettre... ou si elle y arrivait, elle transformerait la dentelle blanche en ficelle aux traces jaunissantes. Très chic.


           Alors elle passait son temps à essuyer ses mains moites sur des mouchoirs roulés en boule au fond des poches. Si poches il y avait. Quelle robe a des poches suffisantes pour y cacher un mouchoir? Comment sortir le soir en pantalon dans les dîners en ville?Elle enfilait ses robes comme on monte à l'échafaud. L'absence de poches accentuait son anxiété et ses mains collaient de plus belle.


          Dolorès avait pris l'habitude de les frotter à la brosse et au savon plusieurs dizaines de fois par jour, avec une frénésie à la hauteur de son exaspération. La peau pelait. Rougissait. Se constellait de petites ampoules qui suppuraient. Les cloques perçaient parfois sur la vaisselle fraîchement lavée, sur le linge blanc fraîchement repassé, sur la lettre importante fraîchement tapée qui devait être envoyée dans la minute qui suivait. Mademoiselle Gomez, vous comprenez bien, c'est urgent. Urgent!


   Elle avait développé des tactiques pour éviter les poignées de main : faire une bise de son petit museau pointu, simuler un rhume« bardon, vous avez un bouchoir? », faire diversion, « oh zut, je crois que mon bas vient de filer! », ou plus simplement, éviter les gens.


   Evidemment, c'était cela qui empéchait Dolorès Carmen Gomez d'avoir un chéri. On n'a pas de chéri quand on a les mains moites, on ne donne pas sa main par dessus la table du restaurant quand on a les mains moites. On retire sa main vivement dès qu'un soupirant quelconque tente une approche délicate. Celui-ci en déduit bien sûr qu'il n'a aucune chance. Comment lui dire qu'elle aurait préféré qu'il lui mette directement un baiser sur la bouche, voire la main aux fesses? Non, pas question de se comporter comme une traînée : sa mère l'avait correctement élevée.


   -Va t'essuyer les mains, disait sa mère, tu es gluante! Ne me touche pas. Que cette enfant est sale, c'est désolant!


   Des enfants, oui, elle aurait bien aimé en avoir, mais pas de chéri, pas d'enfants. Pas de chéri, pas d'enfants, donc elle n'était jamais invitée chez ses collègues. Toutes mariées -elles!-, toutes heureuses -elles!- et toutes craignant de se voir piquer leur mari par une célibataire libre comme l'air donc instable donc dévoreuse d'hommes en pleine quarantainite aigue.


 

(suite dans deux jours!)
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Dimanche 1 novembre 2009
La papillon tout neuf fortifie ses ailes au soleil

 
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Vendredi 30 octobre 2009
Changement de point de vue...
Fait du cercle une spirale...  
 
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dicton du mois

Rien ne sert de gémir : vois cet été indien !


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