Dimanche 27 septembre 2009
Lamentation et agitation sont les deux faces de l'inconscience.
Seule la présence permet d'avancer
Par goutte.de.mer
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La longue liane nous rassemble et ,dans une poussée de sève puissante, nous accompagne tout au long du chemin vers le cimetière où les
ombres commencent à s'allonger.
Nous arrivons tous devant la pierre blanche, attentive . La photo aux tons sépia, dans le médaillon, est un peu effacée, mais pas dans
le coeur de Louise, pas dans le coeur de ma mère. Cela fait longtemps qu'il l'attend, mon père, trente ans qu'il est décédé, que sa place est prête auprès de lui. Elle se retourne, embrasse
chacun de nous d'un long regard posé, reconnaissant. Elle reste là.
Notre petite procession s'ébranle et la laisse, assise et heureuse, sur la tombe de son aimé.
Elle aurait eu 89 ans demain. Elle a choisi de partir ce soir, et puisque c'est son choix, tout est bien.
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Les nuances de couleur se déposent à peine sur le ciel engourdi de sommeil, que je descends le chemin le coeur battant, douloureux.
C'est moi qui ait été désignée. Je cours, j'ouvre la grille qui grince.
(suite et fin dans deux jours)
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Vendredi 25 septembre 2009
Chaussettes humides ne
réchauffent pas les pieds
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-Je m'en vais demain, a-t-elle dit...
Mais demain attendra, un peu, longtemps, la fin tout en douceur de cette journée somptueuse. Je rejoins la grande maison blanche. Le
temps s'est alangui, atténué, il effleure notre peau et l'écorce des arbres comme une bruine légère, qui rafraîchit, se sent à peine, et nous laisse enivrés d'embruns.
Les pieds nus courent sur les pelouses de la demeure familiale. Chacun est prêt pour le rendez-vous . Les rires enfantins soulèvent le
tulle blanc des rideaux, tourbillonnent autour des guéridons qui chancellent avec dignité . Rires et petits pieds retournent à l'herbe folle. Louise a revêtu sa plus belle robe, une mantille de
dentelle offerte par sa mère le jour de son mariage, et sa broche. Elle attend, émue, les deux mains posées sur les genoux. L'humidité de ses yeux d'aigue-marine reflète d'autres après-midis, des
souvenirs auxquels nul d'entre nous n'a accès mais qui colorent ses joues d'un rose pâle et velouté et font frémir ses paupières. De clins d'oeil en index posés sur la bouche, les enfants
apparaissent et s'apaisent. Il est l'heure d'y aller. Nous nous regroupons. Deux mains sur ses épaules qui patientent. Des baisers qui éclosent sur les visages vigilants. Bras, mains et regards
tissent une liane de tendresse, enroulée fort autour de chacun de nous, et plus particulièrement autour d'elle, notre Louise.
La longue liane nous rassemble et ,dans une poussée de sève puissante, nous accompagne tout au long du chemin vers le cimetière où les
ombres commencent à s'allonger.
(suite dans deux jours)
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Mercredi 23 septembre 2009
Perroquet, paon et taureau se moquent de l'âne
Aucun ne voit sa constance qui déplace les montagnes
Par goutte.de.mer
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