Fin de septembre...



Bientôt,un texte inédit... en  attendant, tous les deux jours, profitez des "dicton du jour", totalement indispensables !

Si vous voulez des textes plus noirs,
voyez les "petites vengeances douces"
...déconseillées aux âmes sensibles !


Nous sommes au coeur de l'été indien, une belle période, profitons-en ...

Samedi 3 octobre 2009
Le désert te donne d'abord son espace
Puis il te présente un miroir



Et si tu ne t'es pas enfui
Il te donne TON espace


Par goutte.de.mer - Publié dans : dicton du jour
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Jeudi 1 octobre 2009
Aucun mur n'arrête le raz-de marée
Mais l'oiseau peut le survoler


Par goutte.de.mer - Publié dans : dicton du jour
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Mercredi 30 septembre 2009

Elle va. Vers la boutique-ilôt de vie dans la ville de poussière rouge, elle va, petite, menue, la peau ivoire. Je la regarde passer. La lisseur de sa peau, de sa peau, de ma peau, cet autre rivage.


J'ai la peau ivoire et lisse, je me regarde passer, aller alerte vers cette boutique lingère. Porte ouverte. Main bavarde et bondissante de la marchande. Et mes boucles brunes, si brunes taquinent l'épaule coton de ma djellaba .

Dès le seuil franchi ... un vol libre de femmes; elles tourbillonnent dans l'air qui les attire, les caresse, et leur murmure peut-être la vérité: qu'elles sont belles entre ces murs complices. Un voile tombe, une femme s'effare de s'entendre rire à se sentir portée par la vague des souffles qui envolent la lingerie. Petites culottes, ailes de dentelles, sirocco de soutien-gorges. Tu crois que je peux l'essayer. Bien sûr, certainement. Oh à ravir, à ravir, faite pour vous!

La peau ivoire, petite, menue, sort de la cabine, je sors , elle sort de toutes ses boucles brunes. Que fais-tu là, maudite? Une main d'homme autour de mon poignet. Maudite. Mais ils sont deux, ou trois et leur grand oeil de ténèbre m'accuse d'avoir la peau trop lisse. Maudite, mais qu'as-tu fait là? Me condamne. La pièce close se tait pesamment. Aucune porte. Aucune fenêtre. Les murs ont épaissi, les murs ont rétréci. La peau ivoire ne sait que sa faute et les doigts de l'homme comme un étau qui broie son poignet. Elle pleure et je sens ses larmes couler sur mes joues. La peur tord son coeur qui m'oppresse. Elle suffoque. Le temps infime du Châtiment Divin.

Elle se remémorera le turban, les barbes noires, un hachoir et deux doigts qui tombent comme une araignée morte dans la poussière rouge d'une rue où tous se cachent pour l'observer.


Mais rien ne l'empêchera, rien. Index, majeur. RIEN ne m'empêche jamais de donner des ailes, aux enfants en ouvrant vers eux, simplement, la paume de ma main.



Par goutte.de.mer - Publié dans : poésie en prose - Communauté : Les chroniques de la meute
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Mardi 29 septembre 2009
Le lièvre n'attend pas que le renard disparaisse du monde
Pour jouir du clair de lune


 (d'accord, c'est une photo de lapin, pas de lièvre : mais ne chipotons pas, le dicton marche très bien avec le lapin aussi )
Par goutte.de.mer - Publié dans : dicton du jour
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Lundi 28 septembre 2009

Les nuances de couleur se déposent à peine sur le ciel engourdi de sommeil, que je descends le chemin le coeur battant, douloureux. C'est moi qui ait été désignée. Je cours, j'ouvre la grille qui grince. Elle est là. Sur la tombe.

Je glisse ma main chaude dans sa main si froide, abandonnée sur la pierre blanche infiniment patiente.

-Maman..

Elle caresse légèrement mes doigts, les yeux attentifs au ciel qui rosit.

-Vois-tu, ma chérie, ce n'est pas encore pour aujourd'hui.

- Non maman, pas encore, tu restes parmi nous. Viens maintenant, allons les retrouver, ils nous attendent pour le petit déjeuner.

-Attends. J'aime l'aube.

Je soupire de gratitude, de soulagement.

Maman nous fait ses adieux à date fixe dans ce cimetière depuis dix ans. Dix ans que l'un de nous retourne la chercher avec cette angoisse de son possible départ. Et dix ans, au moins, que le soleil se lève chaque matin avec une constance étonnante. Mais le voyions-nous, avant?

Ma main chaude de petite fille de 60 ans dans la main fraîche de ma mère, nous contemplons ce miracle quotidien : le jour qui se lève sur la terre.

Et rien ne saurait être plus parfait.

 

Par goutte.de.mer - Publié dans : nouvelle
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dicton du mois

Rien ne sert de gémir : vois cet été indien !


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